PubGazetteHaiti202005

Histoire et diplomatie  

@Internet

Pour l’Empereur Jean-Jacques Dessalines et contre les mensonges qui
courent sur son compte. 

Oh mon Dieu comment peut-on persister à distiller des contre-vérités de ce genre à travers les médias audiovisuels, des déclarations faisant passer nos ancêtres pour des dictateurs, faut-il en rire ou en pleurer ? Ces accusations sont d’une extrême gravité, dans la mesure où elles sont relayées sur les réseaux sociaux, via les médias que sont Facebook, Instagram et Twitter. De ce fait on assiste à une véritable cabale, un lynchage en règle sur la personne de l’Empereur Dessalines traité de tous les noms: comme par exemple, « boucher des Français » pour les uns et « imbécile » patenté pour les autres, oubliant facilement, que pour mériter la stature d’homme d’État, il faut être pourvu d’un grand sens de discernement et de jugement, atouts nécessaires pour prendre les décisions qui s’imposent selon les circonstances. Et on ne peut pas dire que ces qualités faisaient défaut à l’Empereur, pour s’en convaincre, il suffit de se référer à la correspondance qu’il eut à adresser au Président américain Thomas Jefferson et dans laquelle il sollicitait de ce dernier la reconnaissance de la victoire d’Haïti en 1803 face aux Français. 

Cette lettre, véritable Chef d’œuvre atteste de la parfaite maitrise de Dessalines en matière de diplomatie. Avec cette lettre, Haïti avait réussi une rentrée très honorable dans le cercle très fermé des États souverains. Évidemment, la rédaction des discours, des lettres diplomatiques revenait à Chanlatte vu qu’il avait une belle plume et Dessalines n’y voyait aucun inconvénient entendu qu’il régnait une parfaite harmonie, une complicité entre les deux hommes qui, on peut le dire, étaient sur la même longueur d’onde. N’oublions pas qu’ils étaient des frères d’armes, qu’ils avaient combattu les colons. Chanlatte était un révolutionnaire, et ses idées véhiculées à travers ses écrits avaient un impact que l’on ne pouvait feindre d’ignorer, sauf si l’on était de mauvaise foi. 

Pour ce qui est du choix de ses collaborateurs, on peut dire en toute objectivité, que Dessalines savait les choisir, et l’un des critères qui prévalait à ce choix était la compétence, ce qui explique la présence à ses côtés de deux anciens étudiants de Paris qui furent des pensionnaires au Lycée Louis Le grand, Boirond Tonnerre, Chanlatte et Etienne Mentor, ancien député que l’on ne vous présente plus. Ces trois conseillers, ces mousquetaires avaient travaillé à façonner la stature d’Homme d’État le plus averti qu’était Dessalines.

Voici la lettre de l’Empereur Jean Jacques Dessalines à Thomas Jefferson: 

Lettre de Jean-Jacques Dessalines au président Thomas Jefferson des
Etats-Unis
Au quartier Général,
Habitation de Frère,
Plaine du Cul de Sac
23 juin 1803
Jean Jacques Dessalines, Général en chef de l’Armée de Saint-Domingue
à
Monsieur le président des Etats-Unis d'Amérique
Monsieur Le Président,
La Goélette des Etats-Unis (La Fédérale, Capitaine Neheniah Barr) forcée
d’entrer dans le port du Petit Goâve par nos chaloupes en croisière, m’offre l’honneur de vous instruire des événements survenus dans notre malheureuse ile depuis l’arrivée des Français et de la révolution qu’y a occasionné la tyrannie de leur gouvernement oppresseur. Lassé de payer par l’effusion de tout notre sang le prix de notre aveugle fidélité à une métropole qui égorge ses enfants, le peuple de Saint Domingue, à l’exemple des nations les plus sages, a secoué le joug de la tyrannie et juré l’expulsion de ses bourreaux. Déjà nos campagnes sont purgées de leur aspect ; quelques villes leur restent encore, mais n’offrent plus rien à leur avide rapacité. Le commerce avec les États-Unis, Monsieur le Président, présente aux immenses récoltes que nous avons en dépôt et à celles plus riantes encore qui se préparent cette année, un débouché que nous réclamons des armateurs de votre Nation. Ses anciennes Relations avec St. Domingue ont dû la convaincre de la loyauté et de la bonne foi avec lesquelles ses bâtiments seront accueillis dans nos ports. Le retour de la goélette la Fédérale lui prouvera nos dispositions actuelles.
Agréez, Monsieur le Président, être persuadé de l’empressement que je
mettrai à contribuer de toute l’autorité qui m’est confiée à la sûreté des
bâtiments des Etats-Unis et à l’avantage qu’ils retireront de nos échanges.
Agréez, Monsieur Le Président, l’expression de la plus haute considération pour votre personne.

Dessalines 

Par Maguet Delva

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