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Eddy Labossière: « Haiti est l’un des rares pays où les banques ont un profit très élevé et la population croupit dans la misère »

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Intervenant ce mardi 6 septembre 2022 à l’émission Le Rendez-Vous avec Volcy ASSAD, l’économiste Eddy Labossiére assimile la problématique du taux de change aux spéculations faites par les banques commerciales sur le marché des changes. Le spécialiste estime qu’Haiti est l’un des rares pays où les banques ont un profit très élevé et la population croupit dans la misère.

La problématique du taux de change tient l’actualité politique et économique en haleine. Les voix sont discordantes quant aux véritables raisons pouvant expliquer le déséquilibre entre la gourde et le dollar.  A côté d’un manque de production criant dans le pays, l’économiste Eddy Labossière répand également les banques commerciales, auxquelles il s’en prend vertement.

« Ce n’est pas seulement la production. L’un des grands facteurs à prendre en compte est la spéculation. Les banques sortent du marché formel pour vendre le dollar sur le marché informel. La BRH ne peut la laisser les banques s’investir dans cette pratique d’achat et de revente du dollar. C’est un crime économique », explique Eddy Labossière, l’invité de Le Rendez-vous avec Volcy ASSAD.

Selon Eddy Labossière, cette pratique d’achat et de revente du dollar constitue l’une des grandes sources de richesse des banques commerciales actuellement, alors que cette dernière est loin de sa mission principale. « Haïti est l’un des rares pays où les banques ont un profit très élevé et la population croupit dans la misère. Dans un pays normal, la banque ferait du profit et la population vivrait aisément », croit M. Labossière. 

« Un double crime économique »

Pour améliorer la situation macro-économique qui s’enlisait de plus en plus, la banque de la République d’Haïti a décidé de prendre pas moins d’une dizaine de mesures dont l’injection de 100 à 150 millions de dollars sur le marché des changes avant la fin de l’exercice fiscal.


Selon l’avis de l’économiste Eddy Labossière, ces injections profitent à ceux qui sont à l’origine de la dépréciation de la gourde. « C’est un double crime économique. C’est un premier crime parce que ces gens font de la spéculation. Le deuxième crime est parce que la banque de la République d’Haïti leur donne encore du dollar », détaille le spécialiste.

Au lieu d’injecter de l’argent sur le marché, l’économiste Eddy Labossière croit que la banque de la République d’Haïti aurait dû capitaliser un fonds d’investissement ou une banque de développement comme en République dominicaine pour donner du crédit aux Haïtiens. « Avec cette banque, tout projet valable serait la bienvenue », conseille l’économiste qui encourage la banque des banques à investir dans les filières porteuses. 

L’économiste Eddy Labossière demande aux autorités monétaires de prendre les mesures nécessaires afin de limiter la circulation de trop de devises étrangères dans le pays tout en prenant des sanctions sévères contre les banques commerciales qui s’investissent dans la pratique de l’achat et de la vente du dollar. 

Ce mardi, il faut 115.61 gourdes pour un dollar selon le taux de référence de la banque centrale. Cette baisse spectaculaire est dûe aux différentes injections de la banque centrale. Mais aussi, selon l’expertise de Eddy Labossière, cette baisse est aussi l’œuvre des menaces contre les banques. 

 

Par: Daniel Zéphyr

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